04/08/2006

Citations-102


Lettre aux prêtres, 25-III-01, n. 3


Je pense aussi en cet instant au travail que vous accomplissez chaque jour, travail souvent caché qui, sans accéder aux feux de la rampe, fait avancer le Règne de Dieu dans les consciences. Je vous dis mon admiration pour ce ministère discret, tenace, créatif, bien qu'il soit parfois traversé par les larmes de l'âme que Dieu seul voit et qu'il "recueille en ses outres" (Ps 55, 9). Ministère d'autant plus digne d'estime qu'il est davantage éprouvé par les résistances d'un monde largement sécularisé, qui expose l'action du prêtre aux embûches de l'épuisement et du découragement. Vous le savez bien : cet engagement quotidien est précieux aux yeux de Dieu.


10/04/2006

Citations-37


Audience générale, 28-IX-1988, nn. 9-10


S'il s'agit ensuite d'évaluer la responsabilité des consciences, on ne peut oublier les paroles du Christ sur la Croix : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23,34). Nous trouvons l'écho de ces paroles dans un autre discours prononcé par Pierre après la Pentecôte : "Frères, je sais que vous avez agi par ignorance, tout comme vos chefs" (Ac 3,17). Quelle discrétion devant le mystère de la conscience humaine, même dans le cas du plus grand délit commis au cours de l'histoire, la mise à mort du Christ !

A l'exemple de Jésus et de Pierre, même s'il est difficile de nier la responsabilité des hommes qui provoquèrent volontairement la mort du Christ, nous considérerons les choses, nous aussi, à la lumière du dessein éternel de Dieu qui a demandé à son Fils bien-aimé de s'offrir lui-même en victime pour les péchés de tous les hommes. Dans cette perspective supérieure, nous nous rendons compte que tous, à cause de nos péchés, nous sommes responsables de la mort du Christ sur la Croix : tous, dans la mesure où, par le péché, nous avons contribué à faire en sorte que le Christ mourût pour nous en victime d'expiation.


31/03/2006

Citations-26


Audience générale, 16-IX-1988, nn. 4-5


Il est consolant pour nous tous de savoir que, selon l'Épître aux Hébreux, le Christ crucifié, prêtre éternel, reste pour toujours Celui qui intercède en faveur des pécheurs qui, grâce à Lui, s'approchent de Dieu (cf. He 7,25).

Il est l'Intercesseur, et aussi l'Avocat, le "Paraclet" (cf. 1 Jn 2,1), qui, sur la croix, au lieu de dénoncer la culpabilité de ceux qui l'ont crucifié, l'atténue en disant qu'ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. C'est une bienveillance de jugement ; mais aussi une conformité à la vérité réelle, celle que lui seul peut voir dans ses adversaires et dans tous les pécheurs ; beaucoup peuvent être moins coupables qu'il n'y paraît ou que l'on pense, et c'est précisément pour cela que Jésus a enseigné de ne pas juger (cf. Mt 7,11) ; et maintenant, sur le Calvaire, il se fait l'intercesseur et le défenseur des pécheurs devant le Père.

(...) Pardonne-leur. Pour nous aussi, elle est certainement valable, cette requête de clémence et, pour ainsi dire, de compréhension céleste : car ils ne savent pas ce qu'ils font. Peut-être aucun pécheur n'échappe-t-il totalement à cette absence de connaissance, et donc au rayon de cette imploration qui émane du cœur très tendre du Christ mourant sur la croix. Mais cela ne doit pousser personne à se jouer de la richesse de bonté, de tolérance et de patience de Dieu, au point de ne pas reconnaître qu'une telle bonté l'invite à la conversion (cf. Rm 2,4). Avec la dureté de son cœur impénitent, il amasserait sur lui-même un trésor de colère pour le jour de la colère où se révélera le juste jugement de Dieu (cf. Rm 2,5). Pourtant, pour lui aussi, le Christ mourant demande au Père pardon, même si un miracle s'avérait nécessaire pour sa conversion. Même lui, en réalité, ne sait ce qu'il fait !