28/06/2006

Citations-98


Encyclique Dives in Misericordia (30-XI-1980), n. 6


La parabole de l'enfant prodigue exprime d'une façon simple, mais profonde, la réalité de la conversion. Celle-ci est l'expression la plus concrète de l'œuvre de l'amour et de la présence de la miséricorde dans le monde humain. La signification véritable et propre de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard, fût-il le plus pénétrant et le plus chargé de compassion, tourné vers le mal moral, corporel ou matériel : la miséricorde se manifeste dans son aspect propre et véritable quand elle revalorise, quand elle promeut, et quand elle tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l'homme. Ainsi entendue, elle constitue le contenu fondamental du message messianique du Christ et la force constitutive de sa mission. C'est ainsi que ses apôtres et ses disciples la comprenaient et la pratiquaient. Elle ne cessa jamais de se révéler, dans leur cœur comme dans leurs actions, comme une démonstration du dynamisme de l'amour qui ne se laisse «pas vaincre par le mal», mais qui est «vainqueur du mal par le bien» . Il faut que le visage authentique de la rniséricorde soit toujours dévoilé à nouveau. Malgré de multiples préjugés, elle apparaît comme particulièrement nécessaire pour notre époque.


27/04/2006

Citations-55


Bulle Incarnationis mysterium (29-XI-1998), n. 2
(Bulle d'Indiction du Grand Jubilé de l'an 2000)


Le grand Jubilé de l'An 2000 est à notre porte. Dès ma première Encyclique, Redemptor hominis, j'ai envisagé cette échéance avec la seule intention de préparer les esprits de tous à se rendre dociles à l'action de l'Esprit. (...)

Le temps du Jubilé nous introduit dans le vigoureux langage qu'emploie la pédagogie divine du salut pour inciter l'homme à la conversion et à la pénitence, principe et voie de sa réhabilitation, et condition pour retrouver ce qu'il ne pourrait atteindre par ses seules forces : l'amitié de Dieu, sa grâce, la vie surnaturelle, la seule où puissent être satisfaites les aspirations les plus profondes du cœur humain.


14/04/2006

Citations-42


Audience générale, 14-XII-1988, n. 2


Le centurion, de son côté, n'a pas manqué d'apporter la condition indispensable pour recevoir la grâce de la foi : l'objectivité, qui est la première forme de loyauté. Il a regardé, a vu, a cédé à la réalité des faits et, pour cela, il lui a été donné de croire. Il n'a pas fait de calculs sur les avantages qu'il y avait à être du côté du Sanhédrin, ni ne s'est laissé intimider comme Pilate (cf. Jn 19,8) ; il a regardé aux personnes et aux choses et a assisté en témoin impartial à la mort de Jésus. Son âme était, à cet égard, claire et bien disposée. C'est pour cela qu'il a été saisi par la force de la vérité et qu'il a cru. Et qu'il n'a pas hésité à proclamer que cet homme était Fils de Dieu. C'était le premier signe de la Rédemption advenue.


31/03/2006

Citations-26


Audience générale, 16-IX-1988, nn. 4-5


Il est consolant pour nous tous de savoir que, selon l'Épître aux Hébreux, le Christ crucifié, prêtre éternel, reste pour toujours Celui qui intercède en faveur des pécheurs qui, grâce à Lui, s'approchent de Dieu (cf. He 7,25).

Il est l'Intercesseur, et aussi l'Avocat, le "Paraclet" (cf. 1 Jn 2,1), qui, sur la croix, au lieu de dénoncer la culpabilité de ceux qui l'ont crucifié, l'atténue en disant qu'ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. C'est une bienveillance de jugement ; mais aussi une conformité à la vérité réelle, celle que lui seul peut voir dans ses adversaires et dans tous les pécheurs ; beaucoup peuvent être moins coupables qu'il n'y paraît ou que l'on pense, et c'est précisément pour cela que Jésus a enseigné de ne pas juger (cf. Mt 7,11) ; et maintenant, sur le Calvaire, il se fait l'intercesseur et le défenseur des pécheurs devant le Père.

(...) Pardonne-leur. Pour nous aussi, elle est certainement valable, cette requête de clémence et, pour ainsi dire, de compréhension céleste : car ils ne savent pas ce qu'ils font. Peut-être aucun pécheur n'échappe-t-il totalement à cette absence de connaissance, et donc au rayon de cette imploration qui émane du cœur très tendre du Christ mourant sur la croix. Mais cela ne doit pousser personne à se jouer de la richesse de bonté, de tolérance et de patience de Dieu, au point de ne pas reconnaître qu'une telle bonté l'invite à la conversion (cf. Rm 2,4). Avec la dureté de son cœur impénitent, il amasserait sur lui-même un trésor de colère pour le jour de la colère où se révélera le juste jugement de Dieu (cf. Rm 2,5). Pourtant, pour lui aussi, le Christ mourant demande au Père pardon, même si un miracle s'avérait nécessaire pour sa conversion. Même lui, en réalité, ne sait ce qu'il fait !


30/03/2006

Citations-25


Discours, 18-II-2000, n. 3
(lors du Jubilé des artistes)


Le Jubilé nous demande d'accueillir cette grâce de résurrection pour qu'elle pénètre en tous les plis de notre vie, la guérissant non seulement du péché mais aussi des scories qu'il laisse en nous, même après notre réconciliation avec Dieu. Il s'agit, en un certain sens, de "sculpter" la pierre de notre cœur, pour qu'y apparaissent les traits du Christ, l'homme nouveau.

L'Artiste qui peut faire cela en profondeur est l'Esprit Saint. Il exige cependant notre coopération et notre docilité. La conversion du cœur est, pour ainsi dire, l'œuvre d'art commune de l'Esprit et de notre liberté. Vous, artistes, habitués à modeler les matières les plus diverses selon l'inspiration de votre génie, vous savez combien l'effort quotidien pour améliorer sa propre existence ressemble à la fatigue artistique. Comme je l'ai écrit dans la Lettre qui vous était consacrée : "Dans la 'création artistique', l'homme se révèle plus que jamais 'image de Dieu', et il réalise cette tâche avant tout en modelant la merveilleuse 'matière' de sa propre humanité, et aussi en exerçant une domination créatrice sur l'univers qui l'entoure" (Lettre aux artistes, n. 1). Il y a une singulière analogie entre l'art de se former soi-même et celui qui s'exerce dans la transformation de la matière.


24/03/2006

Citations-18


Encyclique Fides et ratio (14-IX-1998), n. 99


L'œuvre théologique de l'Église est d'abord au service de l'annonce de la foi et de la catéchèse. L'annonce ou kérygme appelle à la conversion, en proposant la vérité du Christ qui culmine en son Mystère pascal.

Dans ce contexte, on comprend bien pourquoi, à côté de la théologie, la mention de la catéchèse a de l'importance : en effet, cette dernière a des implications philosophiques qu'il convient d'approfondir à la lumière de la foi. L'enseignement donné par la catéchèse a une influence dans la formation de la personne. La catéchèse, qui est aussi la communication d'un langage, doit présenter la doctrine de l'Église dans son intégralité, en montrant ses rapports avec la vie des croyants. On parvient ainsi à unir de manière spécifique l'enseignement et la vie, ce qu'il est impossible de réaliser autrement. Ce que communique la catéchèse, en effet, ce n'est pas un corps de vérités conceptuelles, mais le mystère du Dieu vivant.