19/08/2006

Citations-118


Message pour la Paix, 8-XII-01, n.8


Mais que signifie concrètement pardonner ? Et pourquoi pardonner ? Quand on parle du pardon, on ne peut éluder ces interrogations. Reprenant une réflexion que j'ai déjà eu l'occasion d'exposer pour la Journée mondiale de la Paix de 1997 ("Offre le pardon, reçois la paix"), je voudrais rappeler que le pardon réside dans le cœur de chacun avant d'être un fait social. C'est seulement dans la mesure où l'on proclame une éthique et une culture du pardon que l'on peut aussi espérer en une "politique du pardon", qui s'exprime dans des comportements sociaux et des institutions juridiques dans lesquels la justice elle-même puisse prendre un visage plus humain.

En réalité, le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l'amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la Croix : "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23, 34). Le pardon a donc une racine et une mesure divines. Mais cela n'exclut pas que l'on puisse aussi en saisir la valeur à la lumière de considérations fondées sur le bon sens humain. La première de ces considérations concerne l'expérience vécue intérieurement par tout être humain quand il commet le mal. Il se rend compte alors de sa fragilité et il désire que les autres soient indulgents avec lui. Pourquoi donc ne pas agir envers les autres comme chacun voudrait que l'on agisse envers lui-même ? Tout être humain nourrit en lui-même l'espérance de pouvoir recommencer une période de sa vie, et de ne pas demeurer à jamais prisonnier de ses erreurs et de ses fautes. Il rêve de pouvoir à nouveau lever les yeux vers l'avenir, pour découvrir qu'il a encore la possibilité de faire confiance et de s'engager.


14/08/2006

Citations-112


Message 6-VIII-01, n.2
(pour la Journée mondiale du Malade, 11-II-2002)


La foi nous enseigne à rechercher la signification ultime de la souffrance dans la Passion, la Mort et la Résurrection du Christ. La réponse chrétienne à la douleur et à la souffrance n'est jamais la passivité. Poussée par la charité chrétienne, qui trouve son expression suprême dans la vie et dans l'œuvre de Jésus qui "a passé en faisant le bien" (Ac 10, 38), l'Eglise va à la rencontre des malades et de ceux qui souffrent, leur apportant réconfort et espérance. Il ne s'agit pas d'un simple exercice de bienfaisance, mais d'un geste motivé par la compassion et la sollicitude, qui conduit à l'assistance et au service dévoué. Cela comporte en ultime analyse le don généreux de soi aux autres, et en particulier à ceux qui souffrent (cf. Salvifici doloris, n. 29). La parabole évangélique du Bon Samaritain explique bien les très nobles sentiments et la réponse d'une personne confrontée à un autre être humain qui souffre et qui est dans le besoin. Un Bon Samaritain est quelqu'un qui s'arrête pour répondre aux besoins de tous ceux qui souffrent.


19/06/2006

Citations-89


Discours 24-I-2002, n. 2


Dieu lui-même a placé dans le cœur humain une propension instinctive à vivre en paix et en harmonie. C'est là une aspiration plus intime et plus tenace que n'importe quel instinct de violence, une aspiration que nous sommes venus ensemble réaffirmer ici, à Assise. Nous le faisons en étant conscients d'interpréter le sentiment le plus profond de tout être humain.

L'histoire a connu et continue de connaître des hommes et des femmes qui, précisément en tant que croyants, se sont distingués comme témoins de paix. ...ils nous enseignent qu'il est possible de construire entre les personnes et entre les peuples des ponts pour se rencontrer et cheminer ensemble sur les voies de la paix. (...) Ils nous encouragent à espérer que, dans le nouveau millénaire commencé depuis peu, ne manqueront pas non plus des hommes et des femmes de paix, capables de faire rayonner dans le monde la lumière de l'amour et de l'espérance.


11/06/2006

Citations-81


Homélie, 17-IX-2000, n. 4
(Messe pour le Jubilé du Troisième âge)


"Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir" (Mc 8,31). A première vue, cette perspective apparaît humainement difficile à accepter, comme on le voit également dans la réaction immédiate de Pierre et des Apôtres (cf. Mc 8, 32-35). Et comment pourrait-il en être autrement ? La souffrance ne peut que faire peur ! Mais précisément dans la souffrance rédemptrice du Christ se trouve la vraie réponse au défi de la douleur, qui pèse tant sur notre condition humaine. En effet, le Christ a pris sur lui nos souffrances et s'est chargé de nos douleurs, en les plaçant, grâce à sa Croix et à sa Résurrection, sous une lumière nouvelle d'espérance et de vie.


12/05/2006

Citations-70


Exhortation Apostolique Ecclesia in Europa (28-VI-2003), n. 125


Dans cette contemplation, animée par un amour authentique, Marie nous apparaît comme la figure de l'Église qui, nourrie par l'espérance, reconnaît l'action salvifique et miséricordieuse de Dieu, à la lumière duquel elle lit son propre chemin et toute l'histoire. Elle nous aide à interpréter, aujourd'hui encore, nos itinéraires en référence à son Fils Jésus. Créature nouvelle modelée par l'Esprit Saint, Marie fait croître en nous la vertu de l'espérance.

À Elle, Mère de l'espérance et de la consolation, nous adressons avec confiance notre prière : nous lui confions l'avenir de l'Église en Europe et l'avenir de toutes les femmes et tous les hommes de ce continent :

Marie, Mère de l'espérance, marche avec nous ! Apprends-nous à proclamer le Dieu vivant ; Aide-nous à témoigner de Jésus, l'unique Sauveur ; rends-nous serviables envers notre prochain, accueillants envers ceux qui sont dans le besoin, artisans de justice, bâtisseurs passionnés d'un monde plus juste ; intercède pour nous qui œuvrons dans l'histoire, avec la certitude que le dessein du Père s'accomplira.

Aurore d'un monde nouveau, montre-toi la Mère de l'espérance et veille sur nous ! Veille sur l'Église en Europe : qu'elle soit transparente à l'Évangile ; qu'elle soit un authentique lieu de communion ; qu'elle vive sa mission d'annoncer, de célébrer et de servir l'Évangile de l'espérance pour la paix et la joie de tous.

Reine de la paix, protège l'humanité du troisième millénaire ! Veille sur tous les chrétiens : qu'ils avancent dans la confiance sur le chemin de l'unité, comme un ferment pour la concorde sur le continent. Veille sur les jeunes, espérance de l'avenir, qu'ils répondent généreusement à l'appel de Jésus ; veille sur les responsables des nations : qu'ils s'emploient à édifier une maison commune, dans laquelle soient respectés la dignité et les droits de chacun.

Marie, donne-nous Jésus ! Fais que nous le suivions et que nous l'aimions ! C'est lui l'espérance de l'Église, de l'Europe et de l'humanité. C'est lui qui vit avec nous, au milieu de nous, dans son Église. Avec toi, nous disons "Viens, Seigneur Jésus !" (Ap 22,20) : Que l'espérance de la gloire déposée par Lui en nos cœurs porte des fruits de justice et de paix !


10/05/2006

Citations-68


Exhortation Apostolique Ecclesia in Europa (28-VI-2003), n. 12


En considérant l'Europe en tant que communauté de citoyens, on ne manque pas de signes qui ouvrent à l'espérance ; malgré les contradictions de l'histoire, nous pouvons, avec un regard de foi, voir en eux la présence de l'Esprit de Dieu qui renouvelle la face de la terre. Les Pères synodaux les ont décrits ainsi à la fin de leurs travaux : « Nous constatons avec joie l'ouverture croissante des peuples les uns aux autres, la réconciliation entre nations longtemps hostiles et ennemies, l'élargissement progressif du processus d'unification aux pays de l'Est européen. Reconnaissances, collaborations et échanges de tous ordres sont en développement, de sorte que se crée peu à peu une culture européenne, on peut même dire une conscience européenne, dont nous espérons qu'elle pourra faire croître, spécialement auprès des jeunes, le sentiment de la fraternité et la volonté du partage. Nous enregistrons comme positif le fait que tout ce processus se développe selon des méthodes démocratiques, sur un mode pacifique et dans un esprit de liberté qui respecte et valorise les légitimes diversités, suscitant et soutenant le processus d'unification de l'Europe. Nous saluons avec satisfaction ce qui a été fait pour préciser les conditions et les modalités du respect des droits humains. Dans le contexte, enfin, de la légitime et nécessaire unité économique et politique en Europe, tandis que nous enregistrons les signes de l'espérance qu'offre la considération accordée au droit et à la qualité de la vie, nous souhaitons vivement que, dans une fidélité créatrice à la tradition humaniste et chrétienne de notre continent, soit garanti le primat des valeurs éthiques et spirituelles ».


03/05/2006

Citations-61


Lettre Apostolique Tertio millennio adveniente (10-XI-1994), n. 48


Marie, qui conçut le Verbe incarné par l'Esprit Saint et qui se laissa ensuite conduire toute sa vie par l'action intérieure de l'Esprit, sera contemplée et imitée au cours de cette année (deuxième) surtout comme la femme fidèle à la voix de l'Esprit, la femme du silence et de l'écoute, la femme de l'espérance, qui sut accueillir comme Abraham la volonté de Dieu, "espérant contre toute espérance" (Rm 4,18). Elle a porté à sa plénitude l'aspiration des pauvres du Seigneur, modèle rayonnant pour ceux qui mettent de tout cœur leur confiance dans les promesses de Dieu.


21/04/2006

Citations-49


Discours, 15-VIII-2000, n. 4
(St Jean-de-Latran, Accueil des jeunes italiens, XV JMJ)


En inaugurant votre Jubilé, très chers jeunes, garçons et filles, je désire répéter les paroles à travers lesquelles j'ai commencé mon ministère d'Evêque de Rome et de Pasteur de l'Église universelle ; je voudrais qu'elles guident votre séjour romain : N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ !. Ouvrez vos cœurs, vos vies, vos doutes, vos difficultés, vos joies et vos affections à sa force salvifique et laissez-le entrer dans vos cœurs. N'ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu'il y a dans l'homme. Lui seul le sait ! C'est ce que je disais le 22 octobre 1978. Je le répète avec la même conviction aujourd'hui, en voyant resplendir dans vos yeux l'espérance de l'Église et du monde. Oui, laissez le Christ régner sur vos jeunes vies, servez-le avec amour. La liberté c'est servir le Christ !


19/04/2006

Citations-47


Homélie, 30-IV-2000, n. 7
(lors de la canonisation de Sœur Maria Faustyna Kowalska,
où Jean-Paul II a institué le II Dimanche de Pâques comme
"dimanche de la divine Miséricorde")


Ce message consolant s'adresse surtout à celui qui, affligé par une épreuve particulièrement dure ou écrasé par le poids des péchés qu'il a commis, a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir. Le doux visage de Jésus se présente à lui, sur lui arrivent ces rayons qui partent de son cœur et illuminent, qui réchauffent, qui indiquent le chemin et donnent espoir. Combien d'âmes a déjà consolées l'invocation : "Jésus, j'ai confiance en toi !" , que la Providence a suggérée par l'intermédiaire de Sœur Faustyna ! Ce simple acte d'abandon à Jésus chasse les nuages les plus denses et fait passer un rayon de Lumière dans la vie de chacun.


06/04/2006

Citations-32


Audience générale, 30-XI-1988, nn. 4-6


A la pointe de son esprit, Jésus a la nette vision de Dieu et la certitude de l'union avec le Père. Mais dans les zones à la frontière de la sensibilité et donc plus sujettes aux impressions, aux émotions et aux répercussions des expériences douloureuses internes et externes, l'âme humaine de Jésus est réduite à un désert : il ne sent plus la "présence" du Père, mais fait la tragique expérience de la plus complète désolation.

(...) le Père se tait à présent. Ce silence de Dieu pèse sur le mourant comme le châtiment le plus lourd, d'autant plus que les adversaires de Jésus considèrent ce silence comme un reproche : "Il a mis sa confiance en Dieu : que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime", car il a dit : "Je suis le Fils de Dieu !" (Mt 27,43).

Dans la sphère des sentiments et des affections, ce sens de l'absence et de l'abandon de Dieu a été la peine la plus lourde pour l'âme de Jésus, qui tirait sa force et sa joie de l'union avec le Père. Cette peine a rendu plus dures les autres souffrances. Cette absence de réconfort intérieur a été son plus grand supplice.

Mais Jésus savait que, dans cette phase extrême de son immolation, qui touchait aux fibres les plus intimes de son cœur, il complétait l'œuvre de réparation qui était le but de son sacrifice pour la réparation des péchés. Si le péché est une séparation de Dieu, Jésus devait éprouver dans la crise de son union avec le Père une souffrance proportionnée à cette séparation.

D'autre part, citant le début du psaume 21/22, que peut-être il continua de dire mentalement pendant la Passion, Jésus n'en ignorait pas la conclusion, qui se transforme en une hymne de libération et une annonce du salut apporté à tous par Dieu. L'expérience de l'abandon est donc un châtiment passager, qui laisse place à la libération personnelle et au salut universel. Dans l'âme affligée de Jésus, une telle perspective a certainement nourri l'espérance, d'autant plus qu'il a toujours présenté sa mort comme un passage vers la résurrection, comme sa vraie glorification. Et, à cette pensée, son âme reprend vigueur et joie en sentant qu'elle est proche, précisément au sommet du drame de la croix, l'heure de la victoire.


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